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Les résultats
Les commentaires recueillis auprès des chercheurs de l'OMM et des résidents autour du mont Mégantic sont très encourageants. Le fondateur de l'ASTROLab, Bernard Malenfant, a manifesté son enthousiasme : « Nous n'observons plus de dôme lumineux au-dessus de ces municipalités lorsque le ciel est couvert de nuages. Nous devons également reprendre l'habitude de nous promener autour de l'observatoire avec une lampe de poche. C'est incroyable! »

Constatez vous-même les résultats pour la municipalité de La Patrie.
 
Municipalité de La Patrie (2006)
Municipalité de La Patrie (2006)
Municipalité de La Patrie (2008)
 
La sensibilisation
Avant de proposer l’instauration d’une nouvelle réglementation et d’entreprendre des démarches de conversion des dispositifs d’éclairage existants, il était nécessaire de faire prendre conscience à tous (élus, fabricants de luminaires et distributeurs, professionnels et techniciens impliqués dans des projets d’éclairage et grand public) des enjeux et des impacts positifs que susciterait le projet. La campagne de sensibilisation de l’ASTROLab s’est donc faite par l’intermédiaire de discussions avec les décideurs politiques, de séances de formation pour les professionnels, et par des outils de sensibilisation destinés aux médias et à la population.

L’ASTROLab n’a pas ménagé ses efforts et a contribué à l’éducation des citoyens et des élus :

  • en faisant régulièrement publier des articles dans les bulletins municipaux de la région ;
  • en développant des outils de sensibilisation (dépliants, calendriers, autocollants, etc.) qui ont su développer un sentiment d’appartenance au projet auprès des citoyens du territoire d’intervention ;
  • en proposant des activités éducatives à ses visiteurs ;  
  • en diffusant de l’information sur son site Internet.

En 2003, à l’exception de quelques citoyens et élus des municipalités situées autour du mont Mégantic, des astronomes et des astrophysiciens, la plupart des québécois n’avaient jamais entendu parler de pollution lumineuse. Aujourd’hui, la plupart des estriens et un grand nombre de québécois en connaissent les enjeux, notamment grâce à la précieuse collaboration des médias. En effet, depuis la mise sur pied du projet, plus de 50 entrevues ont été diffusées à la radio, une soixantaine d’articles ont été publiés dans divers journaux et revues et une quinzaine de reportages ont été diffusés à la télévision.

La démarche de sensibilisation s’est poursuivie jusqu’à la fin du Projet afin que sa portée continue de s’étendre dans l’avenir.

 
La réglementation
Le Projet de lutte contre la pollution lumineuse ne pouvait se réaliser sans l’instauration d’une nouvelle réglementation qui protégerait le ciel étoilé tout en étant en accord avec les principes d’un éclairage de qualité. Certains règlements sur le contrôle de l’éclairage existaient avant la naissance du Projet, mais l’équipe de l’ASTROLab a voulu innover en proposant aux municipalités un cadre qui tenait compte des nouvelles tendances en matière d’éclairage et d’efficacité énergétique. Ceci s’est fait de concert avec les recommandations des organismes ayant une expertise en la matière, tels que :

Le processus d’élaboration d’un cadre réglementaire adapté à la réalité du Québec s’est également déroulé sous la supervision d’un groupe d’experts qui a été consulté tout au long du processus et qui veillait à la viabilité, à la pertinence et à la portée des normes proposées. Le comité était formé de :

  • Gilles Meunier, ingénieur (Hydro-Québec)
  • Germain Gauthier, (IES-MTL, Lumec)
  • Chrisnel Blot, ingénieur (Spectralux)
  • Wilbert Simard, (IME Experts-Conseil)
  • Yan Triponez, urbaniste (MRC du Granit)
  • Eric Ladouceur, superviseur photométrique (Lumec)
  • Yvan Dutil, astrophysicien

Après un an de préparation, un règlement sur l’éclairage extérieur a été proposé aux MRC du Granit et du Haut-Saint-François ainsi qu’à la Ville de Sherbrooke. Tous l’ont adopté et inséré dans leur règlement d’urbanisme.



La conversion des dispositifs d'éclairage extérieur

Dans son plan d’action, l’ASTROLab avait prévu de mettre en œuvre un ambitieux programme de conversion des luminaires extérieurs qui permettrait de réduire la pollution lumineuse,  de réaliser des économies d’énergie et de faire de la région un lieu de démonstration unique qui saurait démontrer à la société tous les avantages liés à une gestion efficace et novatrice de l’éclairage nocturne.

 


La réglementation ayant été adoptée, le moment était venu de faire cette conversion et ce, plus particulièrement dans les municipalités situées dans le voisinage immédiat du mont Mégantic (zone 1). Le projet de conversion de l’éclairage public et privé a été mis en place en 2006 grâce au support financier des partenaires suivants :

  • Ressources Naturelles Canada
  • Hydro-Québec
  • Le ministère des Affaires municipales et des Régions
  • La Conférence régionale des élus de l’Estrie
  • Le parc national du Mont-Mégantic et la SÉPAQ
  • L’Université Laval, l’Université de Montréal, l’Université McGill et l’OMM
  • Les Caisses populaires Desjardins de l’Estrie

Le programme offrait un service clé en main aux clients (entreprises, municipalités, particuliers) qui désiraient bénéficier des subventions offertes par l’ASTROLab. Afin d’atteindre des objectifs de réduction de la pollution lumineuse et de la consommation d’énergie, la stratégie élaborée s’appuyait sur un ou plusieurs des éléments suivants :

  • éliminer les sources lumineuses blanche et énergivore (mercure, halogène) ;
  • remplacer les luminaires qui envoyaient de la lumière vers le ciel ;
  • réduire l’excès d’éclairement ;
  • éteindre certaines lumières en dehors des heures d’utilisation.

Le programme a connu un immense succès et ses retombées sont allées au-delà des attentes de l’ASTROLab. Voici un bref résumé de ce projet de démonstration unique au Canada :

  • 16 municipalités concernées ;
  • Coût total du projet sur 3 ans : 1,7 millions de dollars ;     
  • 700 sites visités dans les secteurs résidentiel, commercial, industriel, agricole et institutionnel ;
  • Plus de 3 300 luminaires ont été remplacés ;
  • Des économies d’énergie d’environ 1 900 000 kWh/an ont été réalisées, ce qui représente près de 200 000$ par an.

Ces conversions ont permis de réaliser une réduction moyenne de la consommation énergétique de 30% pour l’éclairage routier et de 60% pour les autres applications d’éclairage.

Les résultats de la conversion des luminaires et l’évolution de la pollution lumineuse dans le futur seront mesurés grâce au Groupe de recherche et d'applications en physique du Cégep de Sherbrooke (GRAPHYCS) qui, à cette fin, a développé un spectrophotomètre à haute intensité.